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Mardi 5 juin 2007

Frédérique Le Nedellec                                     30/05/2007
Candidate UDB-Frankiz Breizh
Anne-Marie Kervern
Suppléante




Objet : La question de la laïcité



à Libre Pensée 29,« Cercle Déguignet »





Monsieur le Président




Nous avons bien reçu votre questionnaire relatif à la question de la laïcité en France. Nous choisissons d’y répondre globalement, de façon politique plutôt que technique, en regroupant vos questions par thèmes.

En préalable, nous affirmons que ce principe, inscrit dans la Constitution, est l’un des fondements de la République et que notre projet de société s’inscrit clairement dans le respect de celui-ci.

Notre candidature régionaliste et écologiste est nettement située à gauche ; républicaine, elle est attachée à la nation civique fondée sur la volonté de vivre ensemble et s’oppose à l’ethnicisation introduite dans la Constitution par la définition de la nation fondée sur l’usage exclusif d’une langue, la langue française.


* Loi de 1905, respect des libertés

Nos formations, UDB et Frankiz Breizh ont toujours affirmé leur attachement au principe de laïcité et à la loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat. Cette loi a été un immense facteur de liberté de conscience et de choix, en particulier dans notre région où le pouvoir religieux a longtemps pesé sur les esprits.
Pour nous, la laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir. Elle suppose liberté de conscience et de culte, non intervention de l’Etat dans les convictions personnelles. Dans le même ordre d’idée, la liberté d’expression (politique, philosophique, artistique) est un droit fondamental y compris quand il concerne les religions et porte sur des caricatures ou des propos « blasphématoires ». La liberté religieuse ne doit, en aucun cas autoriser les atteintes sectaires à la liberté des personnes.
Cette liberté introduite par le principe de laïcité s’applique aux choix de vie : droits à l’avortement, le droit de choisir de mourir dans la dignité; les débats qui ne font que commencer sur les questions de bioéthique devraient permettre de faire évoluer encore la pensée laïque sur ce sujet.
Il va de soi que les espaces publics (services publics, institutions) et en premier lieu l’école (locaux, programmes, comportements) doivent conserver leur neutralité.

* République « une et indivisible »

Pour autant, nous ne campons pas sur une défense crispée de la République « une et indivisible ». Nous savons trop que le jacobinisme de repli a débouché sur le drame algérien, lui-même inséparable de la théorie des « races supérieures » affirmées par Jules Ferry (débats parlementaires du 28 juillet 1885).
Nous ne confondons pas la République avec la centralisation étatique, administrative et culturelle. Celle-ci a, tout au long de son histoire, été fort excluante pour les femmes, les pauvres, les colonisés et autres laissés pour compte; c’est au nom d’une paradoxale « indivisibilité » que la France a refusé d’appliquer les principes républicains en Algérie. Elle a aussi beaucoup massacré au nom de ce principe (Révolte de Sétif, révolte de Madagascar).
République laïque, ne veut pas dire négation des différences. Nous sommes favorables à une République plurielle qui reconnaisse ses langues régionales. Pour nous, cela passe par la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et donc par la modification de l’article 2 de la constitution (les statuts particuliers de l’Alsace, des Tom-Dom, ou autres régions pouvant trouver leur place dans cette République plurielle).Cet article 2 pourrait être rédigé comme suit : « La langue de la République est le français dans le respect des langues régionales ». Le bilinguisme précoce maîtrisé (français-langue régionale), est un atout pour que chaque citoyen puisse se confronter de façon autonome aux multiples différences du vaste monde.

* L’école (fonds publics)

Nous reconnaissons dans le droit français la notion de « délégation de service public » et la notion d’ « intérêt général » s’appliquant à des organismes privés (le cas, par exemple du financement par l’Etat et les collectivités territoriales des associations d’éducation populaires de droit privé).
L’important, pour nous, est la claire définition réciproque des obligations. Le secteur privé de l’éducation doit donc être soumis à de strictes obligations de service public comme l’unité des programmes et le respect de la liberté de conscience.

* Pour une nouvelle laïcité

La notion de laïcité n’est pas, ne doit pas être figée, ce serait un bien mauvais service à lui rendre. Les mutations de notre société exigent une nouvelle laïcité plurielle et interculturelle, l’invention d’une nouvelle citoyenneté. Non que nos principes fondateurs soient dépassés ! Mais il est urgent de repenser les principes d’intégration-exclusion méritocratiques, de libérer les sincères aspirations au progrès humain du carcan rigide de l’Etat centraliste, de reconnaître que l’égalité des droits ne disqualifie pas les différences : elle les rends compatibles dans un monde de plus en plus métissé.

* Quelle mémoire ?

Faut-il réhabiliter les fusillés pour l’exemple ? Oui, nous pensons que la France doit le faire.
En effet, la mémoire collective de la grande Guerre est à double face :
- Une mémoire officielle : elle prolonge le thème de l’Union sacrée par le culte des morts
- Une mémoire diffuse de l’horreur inutile : ceux qui ont dit non aux « boucheries de Nivelles », ont dit non aux passions nationalistes. Les réhabiliter est un devoir.

En conclusion, la devise européenne « L’unité dans la diversité » nous convient bien, reste évidemment à la concrétiser. Notre engagement dans cette élection va dans ce sens.

Nous vous remercions d’avoir sollicité notre avis et vous prions d’agréer l’expression de nos sincères salutations

Frédérique Le Nedellec Anne-Marie kervern
Candidate UDB-Frankiz Breizh Suppléante

Par FRANKIZ BREIZH - Publié dans : frankiz.breizh
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